Grand Midi

Le JRY Obs

Big bang

Posté par jeanrachid le 3 décembre 2008

Le Lion, le plus capable des animaux

Le Lion, le plus capable des animaux

Nous autres… Responsable de rien d’autre si ce n’est d‘un éventuel choix. La vie de tous est prédéfini mais beaucoup aimerai croire que le choix d’une quelconque amélioration reste possible. Je ne vous accompagnerais pas dans ce chaos assisté… j’ai trop longtemps fais l’amalgame entre la médiocrité des autres et leurs simple incapacité.

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Chers lionceaux

Posté par jeanrachid le 24 octobre 2008

Voici le seul lien qui, si vous ne vous êtes pas décidé a devenir ce que vous êtes, vous obligera a rugir.

Source

aucune

Rugissement

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Emile Zola

Posté par jeanrachid le 22 juillet 2008

La haine est sainte. Elle est l’indignation des coeurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise.

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Emil Michel Cioran

Posté par jeanrachid le 22 juillet 2008


Un philosophe se sauve de la médiocrité seulement par le scepticisme ou par la mystique, ces deux façons de désespérer de la connaissance.

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Posté par rhadamanthe le 25 juin 2008

Voici la meilleure des fables selon moi, celle qui pointe la plus haute de toutes les vertus…

 

Le loup et le chien

Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
” Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. “
Le Loup reprit : “Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. “
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
” Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
- Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. “
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Les Fables, Livre I

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Nietzsch. l’art de la maxime

Posté par rhadamanthe le 25 juin 2008

1.
La paresse est mère de toute psychologie. Comment ? la psychologie serait-elle un… vice ?

2.
Le plus courageux d’entre nous n’a que rarement le courage d’affirmer ce qu’il sait véritablement…

3.
Pour vivre seul il faut être une bête ou bien un dieu — dit Aristote. Il manque le troisième cas : il faut être l’un et l’autre, il faut être — philosophe…

4.
« Toute vérité est simple. » — N’est-ce pas là un double mensonge ? —

5.
Une fois pour toutes, il y a beaucoup de choses que je ne veux point savoir. — La sagesse trace des limites, même à la connaissance.

6.
C’est dans ce que votre nature a de sauvage que vous vous rétablissez le mieux de votre perversité, je veux dire de votre spiritualité…

7.
Comment ? l’homme ne serait-il qu’une méprise de Dieu ? Ou bien Dieu ne serait-il qu’une méprise de l’homme ? -

8.
À L’ÉCOLE DE GUERRE DE LA VIE. — Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort.

9.
Aide-toi, toi-même : alors tout le monde t’aidera. Principe de l’amour du prochain.

10.
Ne commettez point de lâcheté à l’égard de vos actions ! Ne les laissez pas en plan après coup ! — Le remords de conscience est indécent.

11.
Un âne peut-il être tragique ? — Périr sous un fardeau que l’on ne peut ni porter ni rejeter ?… Le cas du philosophe.

12.
Si l’on possède son pourquoi ? de la vie, on s’accommode de presque tous les comment ? — L’homme n’aspire pas au bonheur ; il n’y a que l’Anglais qui fait cela.

13.
L’homme a créé la femme — avec quoi donc ? Avec une côte de son dieu, — de son « Idéal »…

14.
Comment ? Tu cherches ? Tu voudrais te décupler ? Te centupler ? Tu cherches des adhérents ? — Cherche des zéros ! -

15.
Les hommes posthumes — moi, par exemple — sont moins bien compris que ceux qui sont conformes à leur époque, mais on les entend mieux. Pour m’exprimer plus exactement encore : on ne nous comprend jamais — et c’est de là que vient notre autorité…

16.
ENTRE FEMMES. — « La vérité ? Oh ! vous ne connaissez pas la vérité ! N’est-elle pas un attentat contre notre pudeur ? » —

17.
Voilà un artiste comme je les aime. Il est modeste dans ses besoins : il ne demande, en somme, que deux choses : son pain et son art, — Panem et Circen…

18.
Celui qui ne sait pas mettre sa volonté dans les choses veut du moins leur donner un sens : ce qui le fait croire qu’il y a déjà une volonté en elles (Principe de la « foi »).

19.
Comment ? vous avez choisi la vertu et l’élévation du cœur et en même temps vous jetez un regard jaloux sur les avantages des indiscrets ? — Mais avec la vertu on renonce aux « avantages »… (à écrire sur la porte d’un antisémite).

20.
La femme parfaite commet de la littérature, de même qu’elle commet un petit péché : pour essayer, en passant, et en tournant la tête pour voir si quelqu’un s’en aperçoit, et afin que quelqu’un s’en aperçoive…

21.
Il ne faut se mettre que dans les situations où il n’est pas permis d’avoir de fausses vertus, mais où, tel le funambule sur la corde, on tombe ou bien on se dresse, — ou bien encore on s’en tire…

22.
« Les hommes méchants n’ont point de chants. » D’où vient que les Russes aient des chants ?

23.
« L’esprit allemand » : depuis dix-huit ans une contradictio in adjecto.

24.
À force de vouloir rechercher les origines on devient écrevisse. L’historien voit en arrière ; il finit par croire en arrière.

25.
La satisfaction garantit même des refroidissements. Une femme qui se savait bien vêtue s’est-elle jamais enrhumée ? — Je pose le cas où elle aurait été à peine vêtue.

26.
Je me méfie de tous les gens à systèmes et je les évite. La volonté du système est un manque de loyauté.

27.
On dit que la femme est profonde — pourquoi ? puisque chez elle on n’arrive jamais jusqu’au fond. La femme n’est pas même encore plate.

28.
Quand la femme a des vertus masculines, c’est à ne plus y tenir ; quand elle n’a point de vertus masculines, c’est elle qui n’y tient pas, elle qui se sauve.

29.
« Combien la conscience avait à ronger autrefois ! quelles bonnes dents elle avait ! — Et maintenant ? qu’est-ce qui lui manque ? » — Question d’un dentiste.

30.
On commet rarement une seule imprudence. Avec la première imprudence on en fait toujours de trop, et c’est pourquoi on en fait généralement une seconde — et maintenant, c’est trop peu…

31.
Le ver se recoquille quand on marche dessus. Cela est plein de sagesse. Par là il amoindrit la chance de se faire de nouveau marcher dessus. Dans le langage de la morale : l’humilité. —

32.
Il y a une haine contre le mensonge et la dissimulation qui vient d’une sensibilité du point d’honneur ; il y a une haine semblable par lâcheté, puisque le mensonge est interdit par la loi divine. Être trop lâche pour mentir…

33.
Combien peu de chose il faut pour le bonheur ! Le son d’une cornemuse. — Sans musique la vie serait une erreur. L’Allemand se figure Dieu lui-même en train de chanter des chants.

34.
On ne peut penser et écrire qu’assis (G. Flaubert). Je te tiens là, nihiliste ! Rester assis, c’est là précisément le péché contre le Saint-Esprit. Seules les pensées qui vous viennent en marchant ont de la valeur.

35.
Il y a des cas où nous sommes comme les chevaux, nous autres psychologues. Nous sommes pris d’inquiétude parce que nous voyons notre propre ombre se balancer devant nous. Le psychologue doit se détourner de soi, pour être capable de voir.

36.
Faisons-nous tort à la vertu, nous autres immoralistes ? — Tout aussi peu que les anarchistes aux princes. Ce n’est que depuis qu’on leur tire de nouveau dessus qu’ils sont solidement assis sur leurs trônes. Morale : il faut tirer sur la morale.

37.
Tu cours devant les autres ? — Fais-tu cela comme berger ou bien comme exception ? Un troisième cas serait le déserteur… Premier cas de conscience.

38.
Es-tu vrai ? ou n’es-tu qu’un comédien ? Es-tu un représentant ? ou bien es-tu toi-même la chose qu’on représente ? En fin de compte tu n’es peut-être que l’imitation d’un comédien… Deuxième cas de conscience.

39.
LE DÉSILLUSIONNÉ PARLE. — J’ai cherché des grands hommes et je n’ai toujours trouvé que les singes de leur idéal.

40.
Es-tu de ceux qui regardent ou de ceux qui mettent la main à la pâte ? — ou bien encore de ceux qui détournent les yeux et se tiennent à l’écart ?… Troisième cas de conscience.

41.
Veux-tu accompagner ? ou précéder ? ou bien encore aller de ton côté ?… Il faut savoir ce que l’on veut et si l’on veut. — Quatrième cas de conscience.

42.
Ils étaient des échelons pour moi. Je me suis servi d’eux pour monter, — c’est pourquoi il m’a fallu passer sur eux. Mais ils se figuraient que j’allais me servir d’eux pour me reposer…

43.
Qu’importe que moi je garde raison ! J’ai trop raison. — Et qui rira le mieux aujourd’hui rira le dernier.

44.
Formule de mon bonheur : un oui, un non, une ligne droite, un but…

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Friedrich Nietzsch . Les trois métamorphoses

Posté par rhadamanthe le 25 juin 2008

Je vais vous dire trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.

Il est maint fardeau pesant pour l’esprit, pour l’esprit patient et vigoureux en qui domine le respect : sa vigueur réclame le fardeau pesant, le plus pesant.

Qu’y a-t-il de plus pesant ! ainsi interroge l’esprit robuste. Dites-le, ô héros, afin que je le charge sur moi et que ma force se réjouisse.

N’est-ce pas cela : s’humilier pour faire souffrir son orgueil ? Faire luire sa folie pour tourner en dérision sa sagesse ?

Ou bien est-ce cela : déserter une cause, au moment où elle célèbre sa victoire ? Monter sur de hautes montagnes pour tenter le tentateur ?

Ou bien est-ce cela : se nourrir des glands et de l’herbe de la connaissance, et souffrir la faim dans son âme, pour l’amour de la vérité ?

Ou bien est-ce cela : être malade et renvoyer les consolateurs, se lier d’amitié avec des sourds qui n’entendent jamais ce que tu veux ?

Ou bien est-ce cela : descendre dans l’eau sale si c’est l’eau de la vérité et ne point repousser les grenouilles visqueuses et les purulents crapauds ?

Ou bien est-ce cela : aimer qui nous méprise et tendre la main au fantôme lorsqu’il veut nous effrayer ?

L’esprit robuste charge sur lui tous ces fardeaux pesants : tel le chameau qui sitôt chargé se hâte vers le désert, ainsi lui se hâte vers son désert.

Mais au fond du désert le plus solitaire s’accomplit la seconde métamorphose : ici l’esprit devient lion, il veut conquérir la liberté et être maître de son propre désert.

Il cherche ici son dernier maître : il veut être l’ennemi de ce maître, comme il est l’ennemi de son dernier dieu ; il veut lutter pour la victoire avec le grand dragon.

Quel est le grand dragon que l’esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître ? “Tu dois”, s’appelle le grand dragon. Mais l’esprit du lion dit :

“Je veux.”

“Tu dois” le guette au bord du chemin, étincelant d’or sous sa carapace aux mille écailles, et sur chaque écaille brille en lettres dorées : “Tu dois !”

Des valeurs de mille années brillent sur ces écailles et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons : “Tout ce qui est valeur – brille sur moi.”

Tout ce qui est valeur a déjà été créé, et c’est moi qui représente toutes les valeurs créées. En vérité il ne doit plus y avoir de “Je veux” ! Ainsi parle le dragon.

Mes frères, pourquoi est-il besoin du lion de l’esprit ? La bête robuste qui s’abstient et qui est respectueuse ne suffit-elle pas ?

Créer des valeurs nouvelles — le lion même ne le peut pas encore : mais se rendre libre pour la création nouvelle — c’est ce que peut la puissance du lion.

Se faire libre, opposer une divine négation, même au devoir : telle, mes frères, est la tâche où il est besoin du lion.

Conquérir le droit de créer des valeurs nouvelles — c’est la plus terrible conquête pour un esprit patient et respectueux. En vérité, c’est là un acte féroce, pour lui, et le fait d’une bête de proie.

Il aimait jadis le “Tu dois” comme son bien le plus sacré : maintenant il lui faut trouver l’illusion et l’arbitraire, même dans ce bien le plus sacré, pour qu’il fasse, aux dépens de son amour, la conquête de la liberté : il faut un lion pour un pareil rapt.

Mais, dites-moi, mes frères, que peut faire l’enfant que le lion ne pouvait faire ? Pourquoi faut-il que le lion ravisseur devienne enfant ?

L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation.

Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation : l’esprit veut maintenant sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde.

Je vous ai nommé trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment l’esprit devient lion, et comment enfin le lion devient enfant. —

Ainsi parlait Zarathoustra. Et en ce temps-là il séjournait dans la ville qu’on appelle : la Vache multicolore.

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Les Sept Problemes qui tendent vers l’impossible

Posté par rhadamanthe le 19 juin 2008

Voici donc les sept problèmes à un million de dollars et appelés problèmes du millénaire. Vous vous en doutez, à ce prix, il s’agit de questions extrêmement difficiles, touchant des domaines très pointus. C’est pourquoi je ne pourrai en donner ici qu’une vague idée…
1) L’hypothèse de Riemann


Ce problème faisait déjà partie des problèmes de Hilbert (numéro 8). Vous connaissez probablement les nombres premiers : il s’agit des nombres qui ne se divisent que par un et eux-mêmes, comme 2, 3, 5, 7, 11, 13, etc, alors que 9 n’est pas premier puisqu’on peut le diviser par 3. La première question des hommes fut de savoir combien il existait de nombres premiers. La réponse vint rapidement, et elle est assez simple (démonstration de niveau terminale) : il y en a une infinité. Vient alors une autre question : étant donné un nombre, peut-on vérifier s’il est premier ? Il existe pour cela un algorithme simple et clair, consistant à essayer de le diviser par tous les nombres plus petits ; si aucun n’a marché, le nombre est premier. Cet algorithme est toutefois même pour les ordinateurs très long à appliquer (voir ci-dessous, « P = NP »). Une question plus pointue est de savoir comment se répartissent les nombres premiers : peut-on trouver une formule donnant pour un rang donné le nombre premier ayant ce rang (c’est-à-dire qu’à 1 on associe 2, à 2 on associe 3, à 3 on associe 5, à 4 on associe 7, à 5 on associe 11, …) ? Riemann a étudié la question et pour cela, il a inventé en 1859 une fonction, appelée fonction zêta, et définie sur R2 (c’est-à-dire que ses arguments ne sont pas des nombres mais des couples de nombres). Il a ensuite formulée une hypothèse sur la répartition des couples qui annulent zêta : leur premier nombre doit être 1/2. C’est cette propriété qu’il s’agit de démontrer (ou infirmer)…

2) La conjecture de Poincaré


Cette conjecture concerne une théorie appelée topologie, qui étudie la forme des objets. Une théorie qui lui est liée, appelée géométrie différentielle, introduit la notion de variété. Une variété est un espace où le voisinage de chaque point peut être vu comme un espace euclidien (c’est-à-dire un endroit « plat » classique). Par exemple, en chaque point de la surface terrestre, en imaginant qu’il n’y ait pas de montagne, si on se restreint à une petite zone autour de soi, on a l’impression que le sol est plat : la Terre est une variété. De plus, si vous étudiez ce petit espace autour de vous, vous avez besoin de deux coordonnées pour vous repérer : la longitude et la latitude. La Terre est ainsi appelée variété de dimension 2. Elle est plongée dans un espace de dimension 3 : l’univers. La conjecture de Poincaré s’intéresse à des variétés de dimension 3, c’est-à-dire des objets plongés dans un espace à quatre dimensions spatiales (ce qu’on ne peut pas imaginer, puisque notre propre monde n’en a que trois). La conjecture énonce que si l’on prend une variété de dimension 3, et si on y constate que toute boucle peut être réduite à un simple point, alors cette variété est en fait une boule… Vous n’avez pas tout compris ? C’est normal…

3) La conjecture de Hodge


Elle s’intéresse également à des variétés, qui sont dites variétés algébriques. Les variétés algébriques peuvent être représentées par des équations polynomiales, c’est-à-dire que les coordonnées de l’espace ne peuvent y être présentes qu’avec des puissances entières, mais pas avec des racines carrées, des logarithmes, … Par exemple dans un plan, un cercle est une variété algébrique (équation x2 + y2 – 1 = 0) ainsi qu’une parabole (x2 – y = 0) mais pas une courbe exponentielle (exp(x) – y = 0). La conjecture fait un lien entre la topologie d’une variété (c’est-à-dire les propriétés de sa forme) et les équations qui la définissent.

4) La conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer


Certaines courbes sont appelées elliptiques. En 1922, Louis Mordell a démontré que pour une telle courbe, on peut trouver un nombre fini de ses points de manière à ce que toute la courbe soit engendrée par ces quelques points. Ces points sont appelés base finie de la courbe. On peut également associer à la courbe une fonction, souvent notée L, qui dénombre les points de la courbe ayant une certaine propriété commune. La conjecture fait un lien entre la base finie de la courbe et la fonction L.

5) Les équations de Navier-Stokes


Ce problème touche la physique, plus particulièrement la mécanique des fluides (l’étude de la manière dont s’écoule un liquide ou un gaz). Les équations de Navier-Stokes décrivent le comportement d’un fluide dans un modèle que les physiciens nomment « approximation des milieux continus ». Elles décrivent en fait des phénomènes très variés et dont la compréhension nous serait très importante : les courants atmosphériques ou océaniques, les écoulements d’eau dans un tuyau, … La question est de trouver la solution générale de ces équations, ce qu’on ne sait encore faire que dans des cas particuliers.

6) Les équations de Yang-Mills


Ce problème touche aussi la physique, notamment la théorie quantique. Il s’agit là aussi de résoudre certaines équations, qui traitent des forces fondamentales, c’est-à-dire les forces de base qui font fonctionner l’univers : gravitation, forces atomiques, …

7) P = NP
C’est peut-être le problème le plus facilement compréhensible par un non-mathématicien. L’informatique est l’art de trouver des algorithmes permettant de faire faire à une machine des calculs trop longs ou rébarbatifs pour un humain. Les informaticiens ont introduit la notion de complexité qui exprime le temps d’exécution d’un algorithme. Par exemple, la plupart des langages de programmation ont une fonction permettant de savoir si une valeur donnée est présente dans un tableau donné. Pour savoir cela, il suffit de parcourir l’ensemble du tableau et à chaque fois de comparer la valeur dans le tableau à celle qui nous intéresse. Ainsi pour résoudre ce problème, on ne fait que parcourir une fois le tableau. S’il a 10 éléments, on fera 10 comparaisons, et s’il en a 50, on fera 50 comparaisons. Si un tableau A est deux fois plus grands qu’un tableau B, l’algorithme prendra deux fois plus de temps avec A qu’avec B. Ce problème est ainsi dit « de complexité linéaire ». Il existe des algorithmes plus complexes. Par exemple, décomposer un nombre entier en facteurs premiers prend beaucoup plus de temps. Si le nombre A a deux fois plus de chiffres que B, l’algorithme ne mettre pas deux fois plus de temps pour s’exécuter, mais bien plus ! Ce problème est dit « non-linéaire ». Un autre exemple célèbre est celui du voyageur de commerce, qui consiste étant donné un ensemble de villes où un voyageur doit se rendre à déterminer le chemin le plus court lui permettant de visiter chaque ville une fois. Les algorithmes sont classés selon leur complexité : on distingue par exemple la classe P des algorithmes dits polynomiaux (en particuliers les linéaires) de la classe NP des algorithmes un peu plus complexes que la classe P. Il se trouve que tout algorithme de la classe P est aussi dans la classe NP. La question est de savoir si l’inverse est vrai (et donc si être dans la classe P revient au même qu’être dans la classe NP).

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